Edito
(L'Edito est hebdomadaire et les Confidences
sont mises à jour quotidiennement)
Le renard dans
le poulailler !
La liberté du renard
syndical dans le poulailler d'un pays le plus social de tout le Pacifique sud,
la Polynésie française, est stupéfiante. C'est toujours la loi du plus fort qui
s'installe dans les pays démocratiques car c'est là que les citoyens
peuvent être pris en otage. Mais la relative modération avec laquelle la
majorité des usagers, pourtant victimes, accueillaient hier ces coups de force,
s'estompe. Les menaces se répètent un peu trop souvent dans le domaine
particulier et délicat des hydrocarbures dont la Polynésie française, loin de
tout, est totalement tributaire.
D'un côté le gouvernement
en appelle à l'investissement, de l'autre il cible les patrons. Si l'on est
fondé à dénoncer le risque de dérapage patronal dans quelques entreprises, les
plus plus grosses pertes sont tout de même de ce côté là de
Pour ne rien arranger,
depuis qu'un pet des syndicats fait un tonnerre à Papeete, que notre retard
économique exaspère, que notre tourisme régresse à vue d'oeil, dans un pays qui
forcément devient au fil du temps de plus en plus cher et peu
professionnel, que certains méritent la camisole de force ou la chambre
capitonnée où ils pourront exhiber ce qu'ils veulent sans risques, que les
certificats médicaux bidons ou de bonne foi devant la " comedia" de la "dépression" et les adeptes
de la gastro, les deux invérifiables maladies à la
mode, feront florès en coûtant un maximum aux finances de la CPS et de
l'entreprise, notre pays rutilant et dépravé sera regardé à la loupe par les
experts avec envie et dégoût.
Ajoutez à tout cela
la réputation assassine dont certains plumitifs se plaisent à
nous gratifier en nous comparant à un pays sous dictature, bâillonné,
soumis aux lettres de cachet, terrorisé, ne pouvant s'exprimer que par le biais
de téméraires, un capuchon sur la tête, afin de ne pas se retrouver incarcérés
et vous comprendrez facilement pourquoi on boude la Polynésie française.
Il est certes urgent de
relancer la machine et d'en réformer les pratiques mais il est fou et
irresponsable d'en pilonner sa mémoire, de brider sa fierté, au simple gré
d'une corporation remuante, celle des journalistes, auxquels on ne demande pas
de génuflexions, ni d'émousser leur plume en sucrant Voltaire, mais d'être le
relais de la vérité, teintée, c'est parfaitement acceptable, de leur sensibilité
politique, à condition qu'elle ne soit ni mensongère ni outrancière.