Edito

(L'Edito est hebdomadaire et les Confidences
 sont mises à jour quotidiennement)


Le renard dans le poulailler !

 

La liberté du renard syndical dans le poulailler d'un pays le plus social de tout le Pacifique sud, la Polynésie française, est stupéfiante. C'est toujours la loi du plus fort qui s'installe dans les pays démocratiques  car c'est là que les citoyens peuvent être pris en otage. Mais la relative modération avec laquelle la majorité des usagers, pourtant victimes, accueillaient hier ces coups de force, s'estompe. Les menaces se répètent un peu trop souvent dans le domaine  particulier et délicat des hydrocarbures dont la Polynésie française, loin de tout, est totalement tributaire.

D'un côté le gouvernement en appelle à l'investissement, de l'autre il cible les patrons. Si l'on est fondé à dénoncer le risque de dérapage patronal dans quelques entreprises, les plus  plus grosses pertes sont tout de même de ce côté là de la barrière. Dans cette perversion, le dévoiement de la grève pèse autant sur les patrons au plan financier qu'au niveau des citoyens pénalisés, eux, par de multiples nuisances . Or, dénoncer une convention entre les sociétés pétrolières et les syndicats  perturbateurs plus d'un mois à l'avance sur la date prévue n'a pas eu d'autres motifs que l'arrivée, il y a une semaine, du pétrolier chargé de remplir les cuves . Ainsi voit on depuis des années s'installer chez nous, comme en métropole d'ailleurs, la loi du plus fort, pourtant minoritaire, et le chantage s'adapter à la valeur du tribut.

Pour ne rien arranger, depuis qu'un pet des syndicats fait un tonnerre à Papeete, que notre retard économique exaspère, que notre tourisme régresse à vue d'oeil, dans un pays qui forcément devient au fil du temps  de plus en plus cher et peu professionnel, que certains méritent la camisole de force ou la chambre capitonnée où ils pourront exhiber ce qu'ils veulent sans risques, que les certificats médicaux bidons ou de bonne foi devant la " comedia" de la "dépression" et les adeptes de la gastro, les deux invérifiables maladies à la mode, feront florès en coûtant un maximum aux finances de la CPS et de l'entreprise, notre pays rutilant et dépravé sera regardé à la loupe par les experts avec envie et dégoût.

Ajoutez à tout cela la  réputation  assassine  dont certains plumitifs se plaisent à nous  gratifier en nous comparant à un pays sous dictature, bâillonné, soumis aux lettres de cachet, terrorisé, ne pouvant s'exprimer que par le biais de téméraires, un capuchon sur la tête, afin de ne pas se retrouver incarcérés et vous comprendrez facilement pourquoi on boude la Polynésie française.

Il est certes urgent de relancer la machine et d'en réformer les pratiques mais il est fou et irresponsable d'en pilonner sa mémoire, de brider sa fierté, au simple gré d'une corporation remuante, celle des journalistes, auxquels on ne demande pas de génuflexions, ni d'émousser leur plume en sucrant Voltaire, mais d'être le relais de la vérité, teintée, c'est parfaitement acceptable, de leur sensibilité politique, à condition qu'elle ne soit ni mensongère ni outrancière.