Pas de "fin" pour la saga polynésienne

 

 

Ce n’est pas le beaujolais nouveau mais le nouveau gouvernement qui est arrivé ! Et comme pour le beaujolais, va falloir le goûter pour l’apprécier ou le reléguer dans un placard.! Les rumeurs vont bon train, tout comme celle très drôle, affirmant que Gaston Flosse avait payé la caution d’Emile Vernaudon . Ce serait plus normal que ce soit le chef de file de To tatou Ai’a qui s’exécute ainsi pour le Ai’a Api puisqu’il disposerait d’un trésor de guerre consistant, toujours selon la rumeur.

Étonnant aussi, et ce n’est pas une rumeur, de ne pas retrouver dans ce gouvernement le pétulant Hiro Tefaarere ou le tonton flingueur Joinville Pomare, ou encore Louis Frébault ou Sandra Levy-Agami ( qui ambitionnait un ministère) et d’autres dont les noms ont circulé abondamment. On n’a pas fini d’en parler…

Armelle Merceron, elle, a fini par craquer. Élue en février sur la liste du Tahoeraa, elle s’en est éloignée en siégeant non inscrite pour remercier sans doute son parti. Aujourd’hui contre l’avis de son chef de file, elle est entrée dans le gouvernement Tong Sang. C’est son choix personnel. En conséquence, en digne fille de la sainte Eglise, respectueuse de la morale et de ses promesses, elle devrait démissionner non seulement du Tahoeraa, mais aussi de l’Assemblée. Là, faut pas rêver !

 A coups de sermons et réprimandes altières, Armelle Merceron souhaite convertir certains élus « orange » au « rouge » de Tong Sang. Si elle n’y arrive pas, disposant d’un mois pour choisir entre son ministère et l’Assemblée, elle attendra jusqu’au bout du délai que la loi lui accorde en tentant de transformer en bascules quelques élus, notamment  René Temeharo, son suivant de liste« orange  » vers le " camp du drap rouge" . Si elle persiste dans ce quasi blocage d'un mois, elle empêchera le Tahoeraa pendant ce laps de temps d'avoir un vote supplémentaire conforme à la discipline de parti.

Il faut également savoir que les élus nommés dans un ministère ont la possibilité par deux fois de redescendre de leur piédestal ministériel, à la suite de quoi, ils sont démissionnés d’office .

 On aura vu la morale de chacun fourrer du « peace and love » sous le nez virtuel de leurs adversaires en inspirant jusqu’au grotesque une relecture des évènements passés et récents figés dans l’humeur de la victimisation, déracinés non pas de la loi mais du sens de la justice électorale. Or on ne peut, ad vitam æternam, reprocher aux hommes politiques d'utiliser "la force injuste de la loi" à leur avantage. Cette union qui avait donné la majorité à l'UDSP n'était qu 'un vrai soleil noir dans le ciel de To Tatou Ai’a. Tout cela devient finalement une fresque himalayenne, une époustouflante saga polynésienne dont le mot « fin » n’est pas encore inscrit sur la dernière page. Aucun des princes de la politique locale ne capitulera. La dissidence intérieure n’a pas été apprise, elle est innée chez les Polynésiens qui ont le don d’endoctriner même les mulets.

Quant au «  racisme »( lire le billet ci-dessous) qui a fait les choux gras de la presse cette semaine, chacun y allant de sa réprobation médiatisée envers les deux syndicats provocateurs, il méritait d'être ciblé. Toutefois, ce n'est pas en cachant les difficultés ancestrales du vivre ensemble et de la vérité que l'on va aplanir ce qui existe à l'état latent aussi bien entre maohi et farani, qu'entre maohi et chinois malgré une apparente convivialité. Monter cet incident en épingle était un risque contre productif. Certes, il convenait de le dénoncer, Anne Boquet s'y était employé, pas de le transformer en affaire d'état et de faire parler dans la presse tous les vertueux gogos empressés.

 Dans ces conditions la France entière devrait être condamnée en ce moment après la levée de boucliers anti-chinois et les excès auxquels on a assisté concernant les jeux olympiques à Pékin . Pour mieux penser l’impensable relevons que Ronald Terorotua l’un des syndicalistes le plus anti popaa, si l’on en croit les slogans de ses délégués syndicaux lors de certaines grèves, a joint sa voix au chœur des puristes en oubliant sans doute, qu’il n’y a pas si longtemps, il criait avec férocité devant  But Master/Price en grève par ses soins «  rentre chez toi, sale juif » ! Et c’est ça, qui vient donner des leçons à la télévision !